Bibbulmun Track sections 5-6 : force et détermination

Bibbulmun Track sections 5-6 : strength and determination

Remise en route

Here we go again

J’avais quitté Pemberton avec 400 km derrière moi, sereine et souriante face à ce qui m’attendait, ayant eu le temps d’anticiper que tous les jours ne seraient pas forcément faciles jusqu’à Kalamunda… Mais j’étais prête. Je passai une journée très tranquille et lente, de remise en route, avec son plein de rêveries et de photos, et un long arrêt auprès d’un étang peuplé de plusieurs dizaines de cignes noirs. Présage qui personnellement, je le savais, m’était plus que favorable, mais ce serait long à expliquer.

I left Pemberton with 400 km behind me, calm and smiling to anything ahead, having had time to anticipate that every day would not necessarily be easy until Kalamunda… But I was ready. I spent a very easy and slow day, to start again nicely, with lots of day dreams and pictures, and a long lunch break by a dam crowded with a few dozens of black swans. Sign which, I knew, was highly positive to me, but this is another long story.

Huit jours et 180km parcourus plus tard, en arrivant à Balingup hier, j’avais l’impression d’avoir changé, d’être différente quelque part. Je me sentais plus forte que jamais, déterminée, le coeur plein de joie et de lumière. Pourtant, quatre jours après Pemberton, il en avait été autrement.

Eight days and 180 km later, when I arrived in Balingup yesterday, I felt like I had changed, and that I was somehow different. I felt stronger than ever, determined, my heart full of joy and light. However, four days after Pemberton, it had been quite different.

À la mi-parcours, mi figue mi raisin.

Half way, half good half bad

Le jeudi 11 avril, je commençais mon 25ème jour de marche sur le Bibbulmun Track (auxquels s’ajoutaient trois jours de pause) et finissais ma quatrième semaine dans l’aventure. Après une dizaine de kilomètres et la bruine se transformant petit à petit en véritable pluie, j’atteignis le panneau de mi chemin du Bibbulmun Track, supposé indiquer 501 km de chaque côté jusqu’à Albany ou Kalamunda. Sauf que pour des raisons que j’ignore toujours, ce panneau a été démantelé et seul un immense Waugal y est resté perché, vous sommant de continuer à avancer.

On the Thursday, 11th of April, I was starting on my 25th day hiking on the Bibbulmun Track (with three days of rest added) and was finishing my fourth week in the adventure. After about ten kilometres and while that drizzle was slowly turning into real rain, I reached the half way sign of the Bibbulmun Track, supposed to read 501 km on each side, to Kalamunda or to Albany. Except that, for reasons I still ignore, this sign has been deconstructed and only a big Waugal is still standing there, that seems to tell you to just keep going.

Je ne prétends pas que c’est à cause de ce panneau disparu, mais ma motivation s’effondra dans l’heure qui suivit. La pluie et quelques préoccupations diverses sans doutes. Et cette aire de pique nique où je m’arrêtai, d’où je distinguai une route et trois voitures qui passèrent, si rapides… Et si j’allais faire du stop ? Je serais à Donnelly River en un rien de temps plutôt que de marcher deux jours de plus. Puis je pourrais trouver un moyen motorisé de rejoindre Perth, ni vue ni connue, plutôt que de marcher 500 kilomètres de plus…

I do not pretend that this is because of that missing sign, but my motivation totally dropped in the following hour. Rain and some other worries and thoughts made me feel like that, most probably. And that picnic area from which I could see a road and three cars passing, so fast… What if I would go hitchhiking ? I could reach Donnelly River in no time rather than walking for two more days. Then I could find a quick and comfortable way to go back to Perth, not telling anyone, rather than hiking for another 500 kilometres…

Je le savais, je contemplais pour la première fois la possibilité d’abandonner. Je ne me sentais pas horriblement mal et je savais clairement que j’aimais beaucoup cette expérience dans tous ses aspects. Mais là, cette idée de tout arrêter me semblait si douce. Dormir dans un lit, acheter des tas de fruits et légumes frais, faire des smoothies, m’asseoir dans un canapé et prendre des dizaines de douches, voir mes amis, aller au cinéma tiens…

I knew that I was contemplating the idea of quitting for the first time. I did not feel horribly bad and I truly knew that I loved the experience in all its aspects. But right now, this idea of giving up seemed so sweet. To sleep in a bed, buy tons of fresh fruits and veggies, make smoothies, sit down on a sofa and have hundreds of showers, see my friends, go to a movie even…

Je m’éloignai rapidement de cette route, et pour la première fois, j’entrepris d’écouter de la musique en marchant. Deux heures plus tard, je débordais d’énergie et riais intérieurement. Crash test passé. Hors de question d’abandonner.

I walked away from that road quickly, and for the first time, I decided to listen to some music while hiking. Two hours later, I was full of energy and I was laughing silently. I had passed my crash test. There was no way I would be quitting.

Les quatre jours suivant, j’étais plus forte que jamais, mon corps en redemandant mystérieusement. J’étais heureuse, comme porteuse d’un secret exclusif. Un secret de liberté, de beauté, de joie. Le secret de la perspective d’évoluer et de se surprendre au-delà de ses propres attentes. Ce sentiment était si nouveau.

On the four following days, I was stronger than ever, and my body even seemed to ask for more, mysteriously. I was happy, as if I was holding a brand new secret. A secret of freedom, beauty, joy. The secret of that perspective to evolve and surprise oneself beyond expectations. This feeling was so new. 

Donnelly River

Sans aucun doute, deux facteurs clés me furent favorables dans cette dynamique d’évolution. Le premier est la présence de Benny, rencontré le premier soir après Pemberton et qui allait partager les mêmes campings que moi pour une dizaine de jours, avec qui je devins amie en quelques minutes et passai de très bons moments dans la bonne humeur, ainsi que Laura, que j’avais appris à connaître depuis presque le début de l’aventure et qui avançait aussi au même rythme que moi sur ces sections. Nous formions un petit groupe intéressant tous les trois, avec nos personnalités et histoires distinctes mais notre envie commune de marcher jusqu’à Kalamunda et notre capacité à nous soutenir les uns les autres.

With no doubt, there were two key factors pushing me in that dynamic. The first one was the presence of Benny, whom I had met on the first night after Pemberton and would be sharing campsites for about ten days, with whom I became friend in one minute and spent very good and joyful moments, as well as Laura, whom I was getting to know better and better almost since the beginning of the adventure and who was also going at the same rhythm as me on these sections. The three of us made an interesting little group, with our distinct personnalities and stories but our commun willingness to walk until Kalamunda and our ability to support each other.

Le second facteur fut l’après-midi et la nuit passée à Donnelly River, cinq jours après Pemberton et trois jours avant Balingup. Cet endroit au charme magique et magnétique ne peut que vous faire sourire de tout coeur. Ses allures bloquées deux générations en arrière, la gentillesse des personnes qui travaillent au minuscule General Store, et l’abondance de kangourous et emeus locaux, amicaux et habitués aux visites de randonneurs… Une dose du meilleur de ce que l’Australie a à offrir !

The second factor has been the afternoon and night spent in Donnelly River, five days after Pemberton and three before Balingup. The magnetic spell of this place can only make you smile with all your heart. It seems like a travel fifty years ago, the people who work at the tiny General Store are the nicest and there is a big number of local kangaroos and emus, very friendly and used to the visit of some hikers… A bit of the best that Australia has to offer! 

Moment de réflexion (extrait de mon journal du 12 avril)

Some thoughts (extract from my diary entry of the 12th of April) 

Je me suis dis que j’en étais là : il n’y a pas de succès dans un projet (petit ou grand) sans peurs, doutes, découragement, fatigue, transpiration, douleurs. Mais il n’y a pas non plus de succès dans un projet sans rêve, espoir, enthousiasme, énergie, surprises, amour, magie.

I realized that this is what I was at: there is no successful project (big or small) without fears, doubts, feeling discouraged and tired, sweats and pains. But there is no successful project either without dream, hope, enthusiasm, energy, surprises, love, magic. 

Depuis que j’ai commencé cette marche et même depuis le début du Walk Of Wonders en janvier, je suis passée par des stades tellement variés, des états d’esprit, des émotions et des niveaux d’énergie physique ou mentale de toutes sortes.

Since I started this walk and even since I initiated the Walk Of Wonders in January, I went through so many different states of mind, emotions and physical or mental energy levels.

Mais ce que j’apprends, c’est que la seule façon d’aller plus loin, et je l’espère, au bout, dans cette aventure, c’est d’être présente. Entièrement, et dans chacun de ces stades et états.

But what I am learning, is that the only way to go further, and I hope, to the end, in this adventure, is to be present. Entirely, and in each and every of these states and stages. 

Sur le sentier, dépourvus des distractions que nous avons créées dans nos civilisations modernes, il est impossible de vivre à côté de soi-même. Le temps passé dans le superficiel, les apparences et le superflu est remplacé par du temps investi dans le vital et l’essentiel. Reconstruire son toît chaque jour, préparer le trajet du lendemain, s’assurer de rester chaud, prendre soin de son corps et des éventuelles douleurs. Faire chaque action avec intention et implication. À chaque pas, littéralement.

On the track, deprived from the distractions we have invented in oir modern civilizations, it is impossible to live next to oneself, or on the side of oneself. Time spent on superficial matters, appearances and useless luxuries is exchanged for time invested in vital and essential purposes. Re-building your roof each day, preparing the next day itinerary, making sure to stay warm, taking care of your body and possible pains or injuries. Being involved in each action with intention. Step by step, literally. 

Impossible d’ignorer la nature. La beauté des arbres, du ciel, les sons des feuilles qui se froissent, du vent, des chants des oiseaux… Ou, encore plus pénétrant, les voir passer sans un bruit, comme partageant leur secret. Le calme, la liberté.

Impossible to ignore nature. The beauty of the trees, of the sky, the sounds of cracking leaves, of the wind, of the birds singing… Or, even more penetrating, watching them passing by in silence, as if sharing their secret. Calmness, freedom.

 

Et se sentir de plus en plus présente, de plus en plus consciente de l’environnement à mesure que la familiarité grandit sur le chemin. Et plus forte, physiquement de façon sûre mais aussi, finalement, mentalement. Je crois qu’en fait, la force mentale commence à se développer quand l’ethousiasme et l’excitation des débuts diminuent… Quand les premiers doutes apparaissent et qu’une autre énergie se développe, différente. Quand malgré la fatigue des nuits froides on part tout sourire et déterminés. Ouverts à la beauté autour de soi, encore.

And feeling more and more present, more and more conscious of the environment as the sense of familiarity with the track grows. And stronger, physically for sure but also, finally, mentally. Actually, I believe that mental strength starts to develop when enthusiasm and excitement of the first days lower. When the first doubts rise and that another energy appears, different. When beside the tiredness and the cold nights, you leave with a large smile and determined. Open to all the beauty around, again

Oui, j’en suis là. 500 kilomètres derrière, potentiellement 500 devant. Pour l’instant, trois jours jusqu’à Balingup.

Yes, there I am. 500 kilometres behind, potentially 500 ahead. For now, three days to go until Balingup

Comme toujours, voici le lien pour accéder à l’album des photos sélectionnées sur ces deux sections ! À très vite !

As always, here is the link to the photo album of my favorite pictures of these two sections ! Talk soon !

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2 Comments

  1. 1

    Courage Sophie ! Ce que tu fais est vraiment un challenge que tu vas gagner, je suis sûr.
    Comme tu le dis, essaie de surmonter les épreuves et les baisses de moral et tu y arriveras.
    Nous sommes tous avec toi.
    Grosses bises et à bientôt

Répondre à Sophie La Plume Trotteuse Annuler la réponse.

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