Joyeux Noël… Merry Christmas… (ou pas)

Matin Brumeux

Ces jours-ci, je pense beaucoup aux gens qui ne sont pas habités par la « magie de Noël » et que les illuminations, bonnets rouges et blancs, comptines mièvres, dindes génocidées et autres « black friday », offres spéciales et leur tutti quanti ne font pas ronronner de satisfaction tout au long du mois de décembre.

These days, I think a lot about the people who are not inhabited by the « magic of Christmas » and for whom lights, red and white hats, stupid carols, genocided turkeys and other « black friday », special offers and so on are not the exact definition of delight toward December.

Cratère du Mont Ijen, Noël

Quand on me demande le sourire en coin pourquoi je ne suis pas une grande fan de Noël, j’évite de répondre. J’en joue un peu, surfant sur la vibe de « je suis la bizarre du groupe et j’assume », et je laisse la plaisanterie passer en souriant, en attendant qu’on parle d’autre chose. Je ne me prends pas trop au sérieux, alors je veux bien en rire un peu. Pas trop longtemps.

When people ask me why I am not a big fan of Christmas, I avoid to answer. I play a little bit with it, surfing on the « I am the weirdo of the group and that is fine to me » style, and I let it go smiling, waiting until we talk about something else. I don’t take myself too seriously, so I can laugh about it a little bit. Not for too long.

Moutons de Nouvelle-Zélande

La vérité, c’est que je pense à tous ces gens. Parmi eux, il y a tous ceux qui contempleront une chaise vide pour la première fois lors des fêtes en familles… Ou peut-être pour la millième fois, mais de façon toujours aussi intolérable. Il y a ceux qui sont partis et ne sont pas assis sur leur chaise, et qui peut-être regardent avec peine de là où ils sont leurs proches au coeur brisé, essayant de leur envoyer de l’amour à travers ce capharnaüm commercial. Il y a ceux qui n’ont pas de toit au-dessus de leur tête, et qui dans les villes voient des milliers de personnes se précipiter dans les magasins. Il y a ceux qui seront consignés à un travail qu’ils détestent, afin de subvenir comme ils peuvent aux besoins de leur famille. Il y a ceux qui travaillent à l’hôpital auprès de personnes mourantes pendant Noël. Il y a ceux qui sont hospitalisés, peut-être « à la fin », ou peut-être simplement seuls et sans aucune visite ce jour-là. Il y a ceux qui sont en prison, et ceux qui ont un parent, un amour, un frère ou une soeur, en prison. Il y a ceux qui ne savent pas même ce qu’est Noël et ceux qui n’ont pas du tout envie de s’en soucier. Moi je pense à eux et comme bien souvent, du 1er au 25 décembre, j’ai hâte qu’on soit le 26 et que le capitalisme soit en pleine gueule de bois couplée d’une majeure crise de foie.

The truth is that I think to all of these people. Among them, those who are going to contemplate an empty chair for the first time during the family celebrations… Or maybe for the thousandth time, but with still the same unacceptable feeling. Those who are gone, not sitting on that chair anymore, and maybe watching their broken hearted beloved ones from where they are, trying to send them some love through the marketing noises. Those who do not have a roof upon their head, and who see, in the cities, thousands of people rushing through the shops. Those who are stuck in a job that they hate so they can provide food to their family. Those who work in hospitals next to people about to die during Christmas. Those who are in a hospital bed, maybe « at the end », or maybe just deeply alone and with no visit on that day. Those who are in jail, and those who have a parent, lover, brother or sister in jail. Those who do not even know about Christmas and those who really do not want to have to care about that. Personally I do think of them and as often, from the 1st to the 25th of December, I am waiting on the 26th when capitalism will finally be hungover and suffer from a major food intoxication.

Arbre, Noël

Ces gens-là, un « système » les a déclaré hors-jeux. Une civilisation que l’on qualifie d’occidentale mais que j’appèlerais capitaliste, immorale, et inhumaine, a décidé de les évincer de « Noël », concept qu’elle s’est totalement réapproprié pour (comme toujours) répondre à son obsession incessante et destructive de faire du profit. Et comme c’est une civilisation très vicieuse, elle se lèche les babines de s’assurer que ces « refoulés » ont bien ressenti leur peine. Punition. Tu n’as pas été gentil et Papa Noël n’est pas content. Rejoins-nous l’an prochain, ou crève.

These people, a « system » declared them offside. A civilization that we call « Western » but which I would call capitalist, immoral, and inhuman, decided to push them away from « Christmas », concept that this civilization has taken over and transformed to respond to its endless obsession to make profit. And as it is a really vicious civilization, « it » is glad to see those « repudiated ones » suffer a bit. Punishment. You have not been a good boy and Santa is not happy. Join us next year, or die.

Brume

Je sais, je vois venir les yeux levés au ciel ou les remarques avisées m’informant que je suis une sacrée rabat-joie… Et pour ajouter une couche, je dirais que je pense aussi à toutes les magnifiques créatures marines qui vont bouffer du papier cadeau plastifié et des rubans dans les semaines qui suivent et à tous les coins de nature somptueux qui seront saccagés par tous les cadeaux dont on ne voulait pas, en fait.

I know, I can see rolling eyes and comments letting me know that I am a real killjoy… And to add some more, I would say that I also think about all these wonderful sea creatures that are going to eat « paper » gift wraps and ribbons in the next few weeks and about all these astonishingly beautiful natural places what are going to be trashed with all the gifts we actually did not want.

Mur de Noël

D’accord, maintenant, je vais apaiser le ton global de ce petit texte sympathique sur Noël. Je ne suis pas, loin de là, contre l’idée de se retrouver en famille ou entre amis à la fin de l’année, et d’en profiter pour célébrer l’amour, remercier le soutien et la joie vécue tout au long de l’année, s’adresser des attentions spéciales, être présents les uns pour les autres. Pour une « Noël-sceptique » je me suis retrouvée finalement invitée trois fois cette année, alors même que je suis loin de ma famille, et je vais honorer ces invitations (petit-déjeuner, déjeuner, diner, une aubaine…). Non pas avec amertume, mais avec joie, et avec l’intention de passer un moment à savourer ces nouvelles amitiés et ces gens qui m’entourent aujourd’hui. Et je le sais, pour la majorité d’entre nous, c’est de cela qu’il s’agit. Exactement de cela. Ce que j’ai tant de mal à avaler chaque année, c’est que ces géants aux yeux en forme de dollars parviennent encore à orchestrer tant et tant de cette période qui devrait n’être guidée que par l’amour. C’est que de leur trône diabolique, ils « vendent du rêve » à l’arrière goût d’enfer. Et qu’au fond, on n’a bien le droit de ne pas vouloir répondre au doigt et à l’oeil à chacun de leur coup de baguette magique.

Alright, now I am going to take it easy a little bit more in this adorable Christmas text. I am not, far from that, against the idea of meeting up with family and friends at the end of the year, and celebrating love, being grateful for support and joy experienced through the year, address some special intentions, be present for each other. For a « Christmas-skeptical » I end being invited three times this year, beside I am so far away from my family, and I will honor these invites (breakfast, lunch and dinner, how good is that…). Not with bitterness, but with much joy, and the intention to spend a moment delighted by these new friendships and the people around me at the moment. And I know, for most of us, this is what it is all about. Exactly that. What I struggle to accept each year, is how much these giants with dollar-shaped eyes manage to orchestrate again and so much this period of the year that should be led by love only. It is that, from their evil throne, they « sell dreams » that taste like hell. And that, at the end, we are allowed to not want to be submitted to each of their magic wand instructions.

Lever de soleil

On a assassiné Jesus deux mille dix huit fois déjà, et si on mettait Papa Noël sur sa croix en plastique, et qu’on l’achevait par un gavage de coca-cola en bonne et due forme ?

We have murdered Jesus two thousands and eighteen times already, so what about we put Santa on his plastic cross, and we kill him by properly force-feeding him with coca-cola?

Meilleurs voeux.

Best wishes.

Sophie

PS : les photos sont juste pour le fun… (même celle du mur de Berlin ci-dessous…)

PS : photos are just for fun… (even the one of the Berlin Wall below…) 

Mur de Berlin, Noël

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Pensées de voyageuse

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