Douze mois en Nouvelle-Zélande… Le bilan.

Arthur`s Pass

Alors j’avais pensé pondre un super article avec le nombre de kilomètres parcourus, le nombre d’auberges, campings, couchsurfings, des idées de mon budget, etc etc… Je me suis dégonflée. Je n’ai pas le courage de compter tout cela, de reprendre semaine par semaine et de retrouver le nombre de nuits passées ici et là. C’est marrant car c’est le genre d’article que j’aime lire sur les blogs, mais je ne sais pas, là tout de suite, je me dis qu’on s’en fout un peu et que ce n’est pas ce dont j’ai envie de parler… Pour ceux qui se posent la question, ayant pas mal travaillé et ayant voyagé « cheap » j’ai dépensé moins d’argent que je ne le pensais et globalement j’ai fini mon année avec seulement 2000 euros de moins sur mon compte bancaire que je ne l’avais commencée. En sachant que j’ai quand même eu 5 mois sur 12 de vraies vacances, sans travailler du tout et en crapahutant au maximum !

Alors de quoi ai-je envie de parler ?

Un sommet, Nouvelle-Zélande

Si je devais résumer mon année en Nouvelle-Zélande…

En un nom d’animal : mouton

En un nom d’oiseau : kea ou albatros ? mon coeur balance… Kea

En un nom de lieu en montagne : Tongariro National Park

En un nom de lieu côté plage : Abel Tasman National Park

En un nom de ville : euh… question suivante ? bon ok, disons Wellington mais clairement je ne retournerai pas en Nouvelle-Zélande pour une quelconque ville

En un nom de village : Whakapapa, où j’ai passé le plus de temps, et Wanaka, cette perle rare (oui, ça fait deux)

En un nom d’activité : la randonnée

En un nom de nourriture : les barres de céréales (c’est ça que j’aurais du compter, le nombre de barres de céréales mangées en un an, par catégorie, en sachant que j’ai fini par élire comme meilleure barre de céréales la « rasberry-white chocolate »)

En un nom d’émotion : « oh my god this is so beautiful ! »

En une phrase qui me vient à l’esprit maintenant, deux mois après avoir quitté le pays : « Je reviens quand ? »

Coromandel

Alors un an en Nouvelle-Zélande, en gros, c’était comment ?

Génial. Oui, génial, vraiment. Ce n’est pas une surprise j’en suis sûre, et ce n’est pas un scoop. Je savais que ce serait génial, j’avais bien vu que toutes les personnes qui étaient déjà partis en Nouvelle-Zélande avaient des étoiles dans les yeux mêlées d’un sentiment de coeur brisé d’avoir du s’en aller. Alors oui, c’est pareil pour moi. Je n’ai qu’une envie, c’est de faire durer mes souvenirs le plus longtemps possible et de ressasser ce voyage encore et encore afin de le faire continuer dans un coin de ma tête. Je ne fais que penser à revoir les amis que j’ai rencontrés en Nouvelle-Zélande, et pour certains cela s’organise déjà. Et je sais déjà où je veux aller et ce que je veux faire la prochaine fois que je pose le pied en terre du milieu.

Pourquoi c’était si génial ? Car j’ai vécu, je n’ai pas attendu de vivre, j’ai vécu, avec plus d’intensité que jamais. Non, il n’y a pas besoin de partir loin pour cela, il y a juste besoin d’inspiration, d’entrain, d’impulsion. Se lever le matin et se dire qu’on va savourer la journée qui s’annonce, se coucher en ayant hâte du lendemain et en se disant que cette journée était une fois de plus la meilleure de notre vie (oui, j’ai eu beaucoup de meilleures journées de ma vie pendant cette année !). Mais voilà, me concernant, cette inspiration, cet entrain, cette impulsion, c’est la Nouvelle-Zélande qui me les a donnés.

Cap Est de l'île du Nord

Il y a dans ce pays une atmosphère magique mêlant le goût de l’aventure, la sérénité des grands espaces, la sensation d’être le bienvenu, le confort de se sentir parfaitement en harmonie avec les décors, l’excitation de la découverte, à chaque nouveau tournant, et à chaque nouvelle personne… La Nouvelle-Zélande est cette terre qui donne l’opportunité de se rencontrer soi-même, de s’offrir l’émotion forte d’atteindre un sommet, le plaisir inégalable de camper au bord de la mer, l’indépendance de porter toutes ses affaires sur son dos.

Marche à Abel Tasman

Je ne me suis jamais sentie aussi appréciée par des gens que je ne connaissais pas ou peu qu’en Nouvelle-Zélande. Il semblerait qu’on puisse être soi-même sans complexe, il semblerait qu’on soit soudainement digne d’intérêt, il semblerait qu’on veuille passer du temps avec vous, il semblerait qu’on soit prêt à vous tendre la main avec honnêteté. Je me suis parfois demandée « pourquoi moi? » mais j’ai réalisé que je n’étais pas la seule dans ce cas, que beaucoup d’autres voyageurs partageaient cette impression.

Ce qui fut différent au quotidien pour moi en Nouvelle-Zélande

Du début à la fin, la rencontre avec des étrangers, presque au quotidien, et dans la sympathie, a vraiment enrichi ma vie.

Fous de Bassan

Faire du stop ou conduire, et marcher, dans des grands espaces. Fini les airs maussades des rues bondées et des tramways… Autant dire à quel point je me suis rendue compte que j’aime les endroits avec peu (ou pas) d’autres gens. Est-ce contradictoire avec le paragraphe juste au-dessus ? Non, je ne crois pas. Car finalement, au lieu d’être anonyme dans une foule sans visage, on regarde en souriant les personnes qui croisent notre chemin. On se détend.

Mouton, Nouvelle-Zélande

Parler anglais tous les jours, penser en anglais, rêver en anglais. Oui, je sais que j’ai beaucoup progressé en anglais cette année et c’est un plaisir immense que de pouvoir s’exprimer dans un autre langage et de rencontrer des personnes qui ne parlent pas français, du tout. Bon évidemment, j’ai un accent français qui ne s’en ira jamais et qui m’agace, mais apparemment il est doux à l’oreille des kiwis !

Ne pas avoir de chez-soi. C’est un point très important. J’ai été sans domicile fixe, me déplaçant avec toutes mes affaires, d’un endroit à un autre, dormant chez l’habitant, dans des campings, dans des auberges de jeunesse, dans des huts. Globalement, la vie de nomade m’a presque toujours satisfaite. Cuisiner dans ma propre cuisine est probablement ce qui m’a le plus manqué dans le fait d’avoir son appartement. Tout le reste est une question d’organisation, faire et défaire son sac, gérer ses lessives, acheter la nourriture en fonction de ses besoins immédiats et des possibilités de garder des produits frais ou transporter des aliments lourds, organiser ses points de chute (ou pas), s’adapter, suivre ses envies, changer d’avis… Vraiment, cette organisation-là, ce quotidien-là, j’ai découvert qu’il m’allait comme un gant, et je dirais même qu’il m’est confortable. L’une des raisons est que cela offre l’opportunité de réellement prendre conscience du temps qui passe, des lieux traversés,  des rencontres faites, de ce que l’on vient de vivre. Cela permet d’imprimer chaque jour dans le cheminement du voyage, sur la carte du pays traversé. En montant sa tente dans un nouveau camping, on se reconstruit une maison chaque fois. En partageant un dortoir dans une auberge, on découvre de nouveaux colocataires. En arrivant dans une nouvelle ville, on se fait de nouveaux repères, constamment. Par cette nécessité à s’adapter à chaque nouvel environnement, on devient pleinement conscient de ce qui nous entoure et on l’apprécie d’autant plus. En vivant comme cela sur une certaine durée, je crois que l’on développe cet instinct, celui d’être attentif aux détails, celui de savoir s’intégrer dans un contexte, celui de trouver de quoi constituer son confort et son bien-être de plus en plus facilement.

Hut historique

Ce qui fut difficile pendant cette année

Ne pas travailler pendant de si longues périodes. Trop dur. Ok, non, bien sûr que non !

Forcément, être loin de chez soi est grisant mais le problème est qu’on n’est pas seulement loin de chez soi, on est loin des personnes qui y sont restées… Alors parfois le manque des proches rend triste, on se dit qu’on ne voit pas grandir ses nièces, qu’on loupe Noël, les anniversaires, la thèse de sa meilleure amie, qu’on voudrait se téléporter un soir juste pour prendre l’apéro avec ses potes. Ensuite, c’est un travail sur soi, ne pas se laisser envahir par la frustration, penser au bonheur de se retrouver quand le moment viendra, profiter d’autant plus de ce que l’on a à vivre alors qu’ils sont si loin, et garder contact le plus possible. Je crois qu’il faut essayer de se concentrer sur les émotions positives, savoir se réjouir et partager à distance, et simplement se rappeler pourquoi on a choisi de voyager. Les gens qui nous aiment vraiment, je crois, nous préfèrent loin et épanouis que proche et insatisfaits.

L’un des points les plus durs à gérer dans cette vie de voyageur est la nécessité constante de faire des adieux. Rencontrer des gens formidables en sachant qu’on les quittera demain. Partager des moments forts et s’en aller. Devenir complices en un rien de temps et se séparer. Rire toute la soirée et se retrouver seule le jour suivant. Oui, c’est compliqué. Et là, je l’avoue, je n’ai pas de solution miracle. Même si l’on décide de rester quelque part, ce sont les autres qui partent ; de suivre quelqu’un, c’est l’autre qui change de chemin… Alors à part profiter de chaque rencontre au maximum, il n’y a pas grand chose à faire. L’avantage en Nouvelle-Zélande, c’est que c’est un petit pays et qu’avec un peu de chance on peut se retrouver facilement, recroiser la route de personnes rencontrées quelques mois plus tôt.

A part cela, comme n’importe qui, j’ai eu des coups durs, mais non liés au voyage, des déceptions, des peines, des contraintes. Cela s’appelle la vie, je crois. Ce qui est différent, une fois de plus, c’est de les gérer loin de ses proches et de ses repères habituels. Mais c’est comme cela que l’on grandit.

Ngauruhoe...

Ce que j’ai appris en Nouvelle-Zélande

Cette année m’a fait avancer, forcément. J’ai appris à être bien plus détendue, et bien plus fidèle à moi-même, ma personnalité, mes envies. J’ai appris à être plus attentive, plus réactive, encore plus indépendante que je ne l’étais déjà. J’ai appris à vivre simplement, à me satisfaire de peu, à me défaire du superflus. (Il en faut peu pour être heureux vraiment très peu pour être heureux il faut se satisfaire du nécessaire youpi…) J’ai réappris à prendre le temps de lire et d’écrire, de rêvasser, de ne rien faire. J’ai appris à vivre pour le jour présent.

J’ai appris à faire du camping, et je me suis mise à sérieusement aimer ça ! Et j’ai aussi appris à faire de la randonnée. D’accord ça fait bien longtemps que je sais mettre un pied devant l’autre, mais disons que j’ai gagné de l’expérience dans le domaine. Et que je sais maintenant à quel point j’aime cela.

Où j’en suis aujourd’hui

J’ai quitté la Nouvelle-Zélande le dernier jour de mon visa. Je n’étais pas triste, j’étais heureuse. Accomplie, émue de repenser à tous les moments magiques que j’ai vécu. Contente d’avoir été au-delà des difficultés, heureuse de pouvoir dire à quel point cette année tant attendue a été plus belle que mes rêves les plus fous. Je suis partie sans regrets. Ce qui m’a fait sourire en quittant la Nouvelle-Zélande, c’est la certitude d’y revenir. Je ne sais pas quand ni comment, mais je reviendrai.

Ce pays me manque déjà, tout comme les gens que j’y ai rencontrés. Pourtant, cela fait deux mois que je suis en Australie. Il m’a fallu tout ce temps pour commencer cette nouvelle aventure de ma vie. Je vis et travaille dans un restaurant depuis le début, dans un village à trois heures au Nord de Melbourne. J’en dirai plus sur le blog bientôt. Je n’avais pas la volonté de repartir tout de suite sur les routes après la Nouvelle-Zélande. J’avais envie de prendre ce nouveau départ en douceur, d’apprendre sur ce nouveau pays, d’atterrir calmement. Je crois que c’était un bon choix. L’envie de vagabonder m’est déjà bien revenue et je ne tiens plus en place. Je vais rester quelques semaines de plus pour honorer mon engagement professionnel et car, à vrai dire, je me plais où je suis. Mais j’ai hâte de reprendre mon sac. Partir.

Après cette année en Nouvelle-Zélande, j’ai des rêves d’autres voyages plein la tête, je me sens plus sûre de moi sur mon chemin de vie, et j’ai aussi hâte de retrouver ma famille et mes amis bientôt. J’ai des envies, comme celle d’approfondir certaines réflexions et découvertes spirituelles sur le bien-être et l’art de vivre, que j’ai résolument entamées en Nouvelle-Zélande au travers de rencontres et de lectures. J’ai des projets, comme celui d’écrire un livre. J’ai des certitudes, comme celle que la vie est belle, malgré toute l’actualité déprimante qui nous bouscule. J’ai des incertitudes, comme celle de savoir où je serai dans quelques mois. J’ai toujours des peurs (araignées, serpents…), et des doutes, on ne se refait pas.

Est-ce que je recommande la Nouvelle-Zélande ?

Question stupide… Si vous prévoyez de vous y rendre bientôt, profitez-en à fond, et achetez une veste de pluie de qualité !

Angelus Hut

Peninsule de Banks

Glaciers de Mont Cook

Katiki Point

Rakiura Track

Cascade Milford Track

 

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Nouvelle-Zélande

15 Comments

  1. 1

    Merci de ces pages , de vos mots où vous vous mettez à nue sur votre séjour en NZ. Je suis une maman dont son fils et son amie vivent en ce moment l’aventure dans ce beau pays depuis 7 mois, et ils ne parlent pas de rentrer actuellement . J’ai les larmes aux yeux car je pense que votre ressentie sur votre voyage est le même que pour mon fils mais les échanges sont assez courts aussi de vous lire m’apporte beaucoup de bonheur et d’humanité.
    Merci et bonne continuation

  2. 4

    Un beau récit !!
    Et je suis ravie de pouvoir le lire avant de partir moi aussi pour la Nouvelle-Zélande dans quelques mois. Tu as trouvé un endroit épanouissant et c’est la plus belle chose qui puisse arriver à un voyageur selon moi.

  3. 6

    HAHA les barres de céréales, on prenait les mêmes je pense car raspberry-white choco c’était aussi my fav….
    Merci de m’avoir ramené en NZ le temps de la lecture de ces qqlignes. Je n’y pense pas souvent mais chaque fois que j’en parle ou que j’en lit, c’est un peu comme un retour a la maison. tout ça c’est un voyage et des souvenirs très précieux. Et comme tu as dit tu l’as bien vécu mais tu ne le vivras qu’une fois. Il est temps de se concentrer sur la suite, car tes futurs voyages t’apporteront autant voire plus que celui-ci.
    Gros bisous

  4. 8

    This si New ZEALAND !
    Il restera toujours une partie de nous là-bas et toujours envie d’y retourner .
    Le plus remarquable : l espace ,la nature
    En ce qui concerne les relations , un ptit bémol,au début oui tout le monde est sympathique,etc mais atttention l.esprit anglo-saxon est parfois déconcertant car  » il ne faut pas dire la vérité aux autres  » , expérience personnelle après mes 14 visites en NZ .
    Dans tous les cas La Nouvelle Zelande ne vous laissera pas indemne , c’est juste Amazing sweet as bro!
    Merci d’avoir partagé votre avis comme cela .bonne idée ,comme oiseau j’aurais choisi le TUI ,( pour la bière ,bien sur)

    • 9

      Bonjour Benoit, merci pour ce commentaire 🙂 on a donc eu des expériences différentes car vraiment les relations humaines ont été pour moi de la plus grande qualité avec les kiwis et l’expérience valait le coup ne serait-ce que pour ces rencontres 🙂 mais évidemment chaque parcours est différent et pour ma part j’ai été très chanceuse ! ahah oui c’est sûr la fameuse Tui ! Pour ma part j’hésitais aussi avec le Fantail, il est trop mignon.

  5. 10

    Superbe recit! Je fais parti de ceux qui ne seront « jamais » reparti… je vis en NZ depuis 16 ans maintenant! Je suis arrivee au hazard, en suivant mon mari (qui est Kiwi ) et l’amour pour cet île m’a instantanément envoûté 🙂
    Aujourd’hui, apres tant d’annees, ce sentiment est toujours présent… tout le monde me manque en France et il y a des hauts et des bas sur ce côté là, mais je ne veux vivre ailleurs… j’appartiens a ces terres, ces eaux… cette magie! Bonne continuation dans tes voyages! La terre est tellement belle, tant de choses a voir, de gens a rencontrer!!!

  6. 14

    bonjour,
    je voudrais partager cet article très intéressant avec ma fille qui part en Nouvelle Zelande dans 10 jours – mais je n’y parviens pas (même pas non plus par le biais de Facebook)- est-il archivé ?? comment le communiquer rapidement
    Merci d’avance
    Marie-Ange

    • 15

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